Le concept du Kyusho-Jitsu ou Kyûsho-waza, permet d'étudier les mécanismes d’actions des points de pression sur le corps humain.

Grâce aux supports de la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), il permet d'approfondir nos connaissances basiques en matière d’arts martiaux, et au-delà, de se plonger dans une culture asiatique très imprégnée de Taoïsme, d’où ces concepts sont issus.

L'étude est axée sur les points d'acupuncture et sur l'action d'activation de ces points, à travers les mêmes principes qui sont utilisés par l’acupuncture. Des correspondances, avec l’anatomie humaine sont étudiées en parallèle, car le jargon Taoïste fait de métaphore et la langue chinoise très pratiquée en Europe...  rebutent les chercheurs en herbe que nous sommes. Au fil de plusieurs années de recherche, on commence à entrevoir la signification de certaines techniques pratiquées dans les Katas de Karaté, les Tao du Kung-Fu, les Poomsés du Taekwondo. 

Le Kyusho-Jitsu n'est pas une discipline. Il a toujours été intégré aux Arts Martiaux, notamment dans le Ryukyu-Kempo. Il permet d'augmenter, d'affiner l'efficacité de sa pratique.
D’évidence, à cause de sa dangerosité, le Kyusho-Jitsu ne s'apprend ni ne se pratique seul. Il se trouve au centre d'une pratique martiale déjà existante et n’est enseigné qu’a des élèves déjà gradés dans leur discipline, généralement des enseignants voulant perfectionner leur pratique.

Le Kyusho-Jitsu explore les concepts de la MTC, le Chi (énergie interne) Qi en Japonais, sa circulation le long des méridiens, les concepts de Yin/Yang et Wuxing, les différents cycles de cette circulation du Qi.
On retrouve des principes communs avec le Qi-Gong, le Shiatsu, le Tui-na.

PRINCIPES D’ATTAQUES des POINTS DE PRESSION :

Dans le Kyusho et Tuité-Jitsu, on utilise plusieurs principes d’attaques, ces mécanismes sont issus pour la plus part des théories utilisées en acupuncture, mais aussi de divers constats de vieux maîtres, sorte de recettes de cuisine propres à chacun. Les points de pression ou points vitaux, utilisés en Kyusho et Tuité-Jitsu sont les mêmes que ceux utilisés dans l’acupuncture.
Pour utiliser l’un, il faut étudier l’autre.

Les règles utilisées en Kyusho et Tuité-Jitsu se déclinent en plusieurs ensembles et sous-ensembles de principes d’attaques.

Nota:

''Ryukyu Kempo''.

Nom générique décrivant toutes les formes de karaté en provenance des îles Ryukyu (Okinawa).

''Tuite Jitsu''.

Techniques de clés utilisant les points de pression, pour contrôler ou immobiliser un attaquant.

''Kyusho Jitsu''.

Techniques de frappe utilisées sur les points d'acupuncture; c'est la forme de frappe la plus avancée dans les arts martiaux.

Il existe trois sortes d'actions: (à noter que certains points, cumulent les trois sensibilités).

  1. Points sensibles à la pression.
  2. Points sensibles aux frappes.
  3. Points sensibles aux frictions.

De manière non exhaustive.

  • Plusieurs points d’un seul méridien.
  • Cycle diurne (Circulation horaire du ''Qi'').
  • Cycle de création.
  • Cycle de destruction
  • Cycle Yin/Yang.
  • Méridiens en symétrie.
  • Attaque croisée.
  • Principe de la polarité.
  • Sur les points ''Mu'' ou ''Shu''.
  • Attaque d’organe.
  • Sur les points dits ''extraordinaires'' (hors méridiens).
  • Suivant la règle midi/minuit.
  • Attaque suivant la morphologie et sa classification dans les cinq éléments.
  • Sur une combinaison subtile de tous ces principes.
  • Sur un seul point de pression!

Les conséquences de ces attaques sont diverses.

  • Désynchronisation musculaires.
  • Perte partielle de fonctions motrices.
  • Perte de conscience partielle ou totale.

Suivant le type d’agression subie, la réponse sera appropriée.

  • Faire lâcher une saisie.
  • Immobiliser ou soumettre un adversaire.
  • Le déstabiliser dans son intégrité physique.
  • Le mettre hors combat.

 


 

 

 

Qu'est-ce qu'un ''KO'' en Kyusho-Jitsu ?

 

Définition d'un knockout :

K.O. est l'abréviation de « Knock out » ou « Knocked out » en anglais. C'est un terme utilisé en boxe pour désigner un adversaire sonné, mis hors combat, qui ne peut pas se relever après un laps de temps donné. C'est une des conditions de victoire possible sur le ring, on parle alors de victoire par K.O. La médecine occidentale et la médecine traditionnelle chinoise donnent chacune leur explication de ce phénomène. Chacune selon leur philosophie, ces interprétations sont complémentaires et non contradictoires.

L'explication du « K.O » par la médecine occidentale :

D'un point de vue médical, il existe 4 types de K.O.

Le K.O cérébral : résulte d'un choc violent porté à la tête (exemple : crochet à la mâchoire). Ce traumatisme amène le cerveau à heurter violemment la boîte crânienne. Il faut se rappeler que le cerveau flotte dans le crâne dans le liquide céphalo-rachidien qui lui assure une protection mécanique contre les chocs par amortissement des mouvements.

Le K.O vasculaire : est le résultat d'un choc au niveau d'une artère (exemple : la carotide), le sang n'irrigue plus (ou beaucoup moins) le cerveau. Ceci peut provoquer une perte de conscience ou une paralysie partielle. Le choc décolle une plaque d'athérome (cholestérol) qui va être entraînée par le sang et peut finir par provoquer un accident vasculaire cérébral.

Le K.O neurovégétatif : résulte d'un choc sur un nerf... impactant par conséquent le système nerveux. Ce dernier n'ayant pas l'habitude d'être autant stimulé, et aussi rapidement, provoque un court-circuitage et c'est le K.O. (exemple: un coup pénétrant porté au niveau du plexus solaire).

Le K.O musculaire : provoque une paralysie du muscle et du membre que l'impact a percuté. La douleur peut entraîner une perte de connaissance (exemple: une forte béquille au niveau de la cuisse).

L'explication du « K.O » par la M.T.C. :

Par l'appellation «organe», la M.T.C. ne considère pas uniquement le viscère désigné mais l'ensemble de ses fonctions. Les organes considérés contrôlent, chacun, certaines fonctions physiologiques et psychologiques de l'organisme. Ils vont par paires (un organe essentiel Yin + un organe Yang) pour former un cycle d'énergie par lequel circule le Qi selon un cycle diurne de 24 heures. Selon la M.T.C., quand les points vitaux du corps sont attaqués, le corps pense que l'organe essentiel correspondant est en danger. Ainsi, par exemple, un coup ou une pression sur un point de pression du méridien du Foie (organe Yin) ou de la Vésicule Biliaire (organe Yang) sont interprétés comme si l'organe essentiel Foie était, lui-même, attaqué ou mis en danger. Il en est de même pour une pression ou un coup porté sur le point d'alarme des deux méridiens correspondant.
Le cerveau est le dévoreur d'énergie le plus important de l'organisme. Quand les sensibilités nerveuses de notre corps lui ont indiqué qu'un organe est en danger, il y fait suite et utilise ses ressources de façon les plus efficaces qu'il soit pour survivre :
Il déconnecte et la personne s'évanouit. C'est le K.O.
Plus l'énergie s'éloigne de la tête, plus profond est le K.O.

Différentes sortes de K.O. peuvent ainsi être observées suite à l'attaque d'un point de pression.
Le drainage de l'énergie peut aboutir à l'affaiblissement ou à l'engourdissement du secteur attaqué. Le K.O. sera de type YIN.
La surcharge d'énergie aboutit à une douleur extrême et à de l'agitation. Le K.O. sera alors de type YANG.
Ces réactions seront utilisées comme base pour préparer une attaque principale.
Ainsi l'énergie peut être coupée, drainée, détournée, activée ou surchargée, avant d'attaquer la cible principale. Selon l'emplacement de ces points et leur rapport avec les organes, les cibles peuvent être classées selon le principe des cinq éléments.

 

Dans la majorité des cas, le ''KO'' est un malaise vagal. (voir définition du malaise vagal). 

 


 

Qu'est-ce qu'un malaise vagal ?

 

Mydriase et Myosis:

Lorsqu'il y a trouble ou perte de la conscience, que le traumatisme soit léger ou important, le cerveau étant partiellement ou complètement « déconnecté », la pupille se dilate ou se contracte par mécanisme réflexe. La dilatation de l'iris est appelée mydriase, la contraction est appelée myosis.
Ces phénomènes sont dépendants des systémes nerveux sympathique et parasympathique.
L'examen de la pupille permet de diagnostiquer un ''K.O''. aussi léger soit-il. Ce sont les premiers signes du malaise.

 

 

Le MALAISE VAGAL : (source Wikipédia  - http://fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_vagal)
Le malaise vagal, aussi appelé choc vagal ou syncope vasovagale ou vagale s'il y a perte de connaissance, est un malaise dû à une activité excessive du système nerveux parasympathique via la Xe paire de nerfs crâniens appelée nerf vague. Ce malaise est la traduction d'un ralentissement du rythme cardiaque ou bradycardie associé à une chute de tension artérielle, aboutissant à une hypo-perfusion cérébrale.
Normalement, le système vagal (système nerveux parasympathique) possède la capacité de ralentir le rythme cardiaque. De son côté, le système nerveux sympathique accélère le rythme cardiaque. En cas de rupture d'équilibre entre les deux systèmes, avec hypertonie vagale, une syncope est susceptible de survenir. Celle-ci se voit plus fréquemment chez un individu jeune en surpoids ou une personne âgée présentant une certaine anxiété, ou à la suite d'émotions ou d'un événement intense ou quelquefois de douleurs violentes.

Description :
Il survient souvent chez le sujet jeune et en bonne santé. Certains facteurs favorisent le malaise vagal : la station debout prolongée, une atmosphère chaude ou confinée, après un repas ou une émotion, une réaction phobique (claustrophobie par exemple), une douleur violente ou à la vue du sang, d'une aiguille, etc. La fatigue physique (liée au manque de sommeil), l'hypoglycémie, l'effort physique soudain, sont également des facteurs déclencheurs. Dans certains cas, le facteur peut ne pas être retrouvé.
La victime de ce malaise va ressentir tout ou partie de ces symptômes :

  • Grande sensation de faiblesse, de malaise à venir.
  • Voile gris ou voile noir (vision troublée).
  • Bâillements.
  • Sensation de faiblesse.
  • Faiblesse musculaire brutale entraînant souvent une chute si le sujet est debout (le sujet s'évanouit).
  • Respiration ample.
  • Sueurs.
  • Nausées, voire vomissements.
  • Perte de connaissance, parfois accompagnées de convulsions.
  • Maux de ventre et diarrhée.
  • Maux de tête (céphalée).
  • Sécheresse de la bouche.
  • Bouffées de chaleur importantes.
  • Acouphènes uni ou bilatérales.
  • Picotements dans les extrémités (mains, pieds, sommet du crâne, juste avant de perdre connaissance).

Le malaise peut être isolé, mais peut parfois être récidivant.

Conduite à tenir :

Il n'est pas possible, dans la phase initiale d'un malaise vagal, d'exclure une autre cause de malaise d'origine cardio-vasculaire ou neurologique. Par ailleurs, un malaise vagal, bénin en lui-même, peut être une manifestation d'une affection plus grave. La conduite à tenir est donc la même que pour tous les malaises :
Évaluer conscience, respiration, pouls.
Allonger la personne, ce qui en général est déjà fait (les jambes surélevées si malaise vagal), la rassurer, expliquer ce que l'on fait.
La questionner sur ses antécédents médicaux (allergies, une maladie particulière), sur un éventuel traitement en cours ou d'appoint (diabète...).
Demander l'avis d'un médecin si nécessaire, par exemple en appelant les services d'aide médicale urgente. Si le diagnostic est certain, proposer un moyen complémentaire : frotter les bras ou le visage avec un linge mouillé et frais par exemple, en tout cas, lorsque la personne se relève, ne pas rester debout immobile ! (une marche rapide est même recommandée, dans le froid par exemple, notamment si la pièce est surchauffée).
Les syncopes vagales sont particulièrement spectaculaires, mais ne présentent pas de danger en tant que tel pour le patient. Toutefois, les chutes provoquées par les pertes de connaissance peuvent être à l'origine de traumatismes.
Une personne qui a fait un malaise vagal peut plus facilement faire un deuxième malaise dans les heures qui suivent, si des facteurs déclencheurs sont à nouveau réunis. La victime doit donc être vigilante à la fin du malaise, ne pas rester immobile en particulier si elle a eu les jambes levées, elle doit ensuite écarter les risques de répétition du malaise (se reposer, manger...).

Traitement :
La plupart du temps, le malaise vagal cesse tout seul après une mise au repos. Si le malaise vagal est diagnostiqué et en l'absence de traumatisme, on peut procéder à une élévation des jambes afin d'améliorer l'afflux de sang ou le retour veineux vers les organes « nobles » (cerveau, cœur, poumon), ce qui accélère la récupération. L'autre façon de traiter ce malaise, est d'utiliser les méthodes de ''kuatsu'' appropriés.